Dégriffer ou pas ?

La griffe est au chat est ce que l’épine est à la rose : toutes deux assez dérangeantes. Mais doit-on pour autant envisager la possibilité de retirer les griffes à un chat comme on a débarrassé certaines variétés de roses de leurs épines?

D’abord il faut être conscient que l’onyxectomie communément appelée dégriffage n’est envisageable que pour les chats vivant à l’intérieur. Ceux qui vont dehors n’auraient aucune défense face aux multiples dangers qui les guettent.

Donc, vous hésitez entre la décision de faire subir 10 ou 18 amputations (pour 2 ou 4 pattes) à votre animal favori ou de faire subir des attaques déchirantes à vos meubles et tapis si chèrement acquis. Les opinions se partagent à ce sujet.

Dans plusieurs pays, cette pratique est interdite. Il ne faut pas se leurrer, une chirurgie invasive comme celle-là ne peut être sans douleur et peut, dans quelques cas, heureusement peu fréquents, engendrer certaines douleurs chroniques (douleurs fantômes).

Il faut penser aux alternatives. Le bon usage des griffoires (demander nous des conseils pour optimiser son usage). Il existe aussi des « Softpaws – ensemble couvre-griffe» qui, une fois mis en place avec une colle spéciale, recouvrent les griffes et les rendent inoffensives. Il faut cependant prévoir les remplacer tous les mois.

Une autre technique chirurgicales appelée ténectomie empêche le griffage en coupant les tendons qui rétractent les griffes. Il s’agit d’une chirurgie faite sous anesthésie, beaucoup moins douloureuse que l’onyxectomie, mais qui nécessite tout de même des analgésiques.  Dans ce cas, il faudra prévoir une taille de griffes régulière parce que ce procédé ne met pas fin à leur croissance.

Par contre, certaines personnes, pour toutes sortes de raisons, ne peuvent envisager l’adoption d’un chat muni de ses griffes. Notre position à ce sujet tient compte des nouvelles techniques dont disposent maintenant les vétérinaires pour contrôler la douleur mais surtout du nombre de chats abandonnés souvent dans des conditions intolérables. Nous pensons qu’un chat qui subit un dégriffage, principalement en bas âge, souffre infiniment moins qu’un chat abandonné dans la nature. Si cette condition est indispensable à son entrée dans un foyer confortable et aimant, nous croyons que, si le chat pouvait choisir, il opterait sans hésiter pour la chirurgie salvatrice.